Lorsque l’on rencontre Vincent, on est tout de suite frappé par sa droiture. C’est avec dignité et courage qu’il nous livre le drame qu’il a vécu il y a de ça 7 ans, alors qu’il faisait parti du GSP d’Aulnay-sous-bois.

Tout a commencé un soir de 2010. Appelé en renfort dans un secteur sensible, Vincent et son équipe aident les agents sur place à procéder à l’interpellation d’un individu au volant d’une voiture volée. Ce dernier refusant d’obtempérer, l’intervention est mouvementée, marquée par des jets de projectiles et des tirs de flashball. Rien d’exceptionnel pour Vincent qui, avec 6 ans d’expérience terrain, avait connu les violences urbaines de 2005 avec jets de cocktails molotov, tirs de mortiers et blessures. « Au rugby, j’ai jamais été recousu, à Aulnay, 2 fois », nous confie ce sportif de haut niveau autrefois membre de l’Equipe de France Police.

Un collègue blessé affirmait avoir été percuté par l’individu interpellé. En rentrant au commissariat, les hommes rédigent, signent et transmettent la procédure prenant en compte cette information. Tout n’aurait été que routine si ce collègue en question n’avait pas modifié sa déclaration par la suite… Le lendemain, Vincent est de repos quand on le contacte à son domicile. Il lui est reproché, à lui ainsi qu’aux autres membres de son groupe, d’avoir reporté sur la procédure un acte qu’ils n’avaient pas vu de leurs propres yeux. « On m’a demandé de revenir pour être de nouveau auditionné. Il fallait que j’amène mon arme de service donc là je me suis dit : qu’est-ce qu’il se passe ? »

Malgré ses inquiétudes, Vincent se rend au commissariat serein. « J’ai donné la même version des faits que lors de ma première audition : ce qui s’était passé, l’interpellation, comme quoi j’avais vu un collègue qui se plaignait d'être blessé. Rien de plus. » Mais l’affaire ne s’arrête pas là, les rouages de la justice sont enclenchés. Dès le lendemain, toute son unité est convoqué à l’IGS dans la matinée . « On a été à nouveau auditionnés, chacun dans une pièce, puis placés en garde à vue en attendant le verdict des officiers ».

Vincent et son équipe sont alors à mille lieues d’imaginer ce qui va suivre. « Ils ont demandé si on voulait un avocat mais nous on a dit non. On était droit dans nos bottes. Pas besoin d’un avocat. » Après une longue journée d’attente, l’officier qui a auditionné Vincent lui annonce pourtant qu’il est déféré et qu’il sera transféré au Tribunal de Grande Instance de Bobigny . « A ce moment-là, mon monde s’est écroulé. Je me suis dit ça y est, je me retrouve seul. », nous confie Vincent, encore émue par cette expérience traumatisante.

Heureusement ou malheureusement, il n’est pas seul. « Tout le monde est déféré. Tout le monde à Bobigny. » Vincent et ses coéquipiers ne comprennent pas ce qui leur arrive. « Au début, ils voulaient nous mettre sous mandat de dépôt, c’est-à-dire dans leur dépôt de Bobigny avec tous ceux qu’on avait arrêté en début de semaine» . Les collègues plaident leur cause; ils se retrouvent placés sous contrôle judiciaire à domicile.

Pendant cette période pas d’assistance juridique, pas d’avocat, aucune aide de personne . « On comprend pas, on a toujours été carrés dans notre travail et on se retrouve tout de suite mis en cause à devoir passer au tribunal alors que les personnes arrêtées pour trafic du stup’ n’y passent jamais. » Vincent appelle le service contentieux. Ils ont beau être présumés innocents, l’avocat leur répond qu’il ne peut rien faire pour eux car ils sont mis en cause .

« On nous dit qu’il faut que l’on trouve un avocat à nos frais et par nos propres moyens », nous explique Vincent. Il trouve quelqu’un grâce à une connaissance et paye 4000 euros pour son premier passage au tribunal ainsi que 4000 euros en cour d’appel. Sans compter que le lendemain de sa suspension, son salaire n’est plus versé. « Je me retrouve marié, avec deux enfants, le crédit de la maison à rembourser, plus de salaire, interdiction de travailler et les frais de justice à payer . On a la chance d’avoir un cercle familial important mais ce n’est pas le cas de tout le monde.»

Aujourd’hui, refusant de revenir dans la Police Nationale, Vincent s’est reconvertit dans la sécurité. Mais la blessure n’est pas refermée pour autant. En plus des séquelles psychologiques, Vincent et ses proches ont soufferts des traces laissés par l’affaire sur internet « Ça a été retranscrit dans les médias, mon nom apparait. (…) Dès que je change de mission, les gens se renseignent et ça me porte préjudice. Il faut justifier, expliquer… » Quand on lui présente TRICOLORE, sa garantie perte de revenus, sa protection juridique et son assistance psychologique et le service e-réputation, il nous répond « Ce genre de produit aurait du exister depuis longtemps. Avec tout ce qui se passe maintenant, c’est essentiel. »